Certains bailleurs ont recours au coliving pour échapper à l’encadrement des loyers

Réinventer la colocation dans un marché en pleine crise, c’était le défi du coliving et de ses adeptes. Aussi bien en métropole que dans de nombreuses villes en périphérique, le coliving continu son ascension, et de plus en plus de projets autour de ce nouveau mode de collocation voient le jour en France. Cependant, des questions d’ordres juridiques font alors leur apparition.

Un marché en plein boom

Entre 2020 et 2023, le nombre de logements axés sur le coliving a multiplié par 5,5, passant ainsi de 2 600 lits à plus de 14 300, selon les données du cabinet Xerfi. Le succès du coliving s’est forgé sur le principe mixant colocation traditionnelle (sans certaines contraintes au niveau de la signature du contrat) et les services annexes de qualité : Wi-Fi gratuit, espaces de coworking, abonnements TV, cours de cuisine, etc.

Ce type de services, on le retrouve surtout chez les établissements hôteliers, qui sont eux sujets à certaines règlementations strictes, contrairement donc aux résidences et logements dédiés au coliving. Un décalage qui s’applique également au niveau des loyers, comme révèlent les journalistes de BFM TV. Ainsi, un jeune étudiant en droit de 22 ans débourse mensuellement 825€ pour son studio de 15 m² situé à Lyon. Une tarification qui dépasse les normes lyonnaises en matière de loyer.

Cette situation ne semble pourtant pas freiner les projets immobiliers orientés vers le coliving qui continuent à émerger un peu partout en France, avec une forte concentration en région parisienne où l’on constate la plus forte demande de logement, spécialement chez les étudiants.

Un cadre juridique flou

Malgré donc sa popularité croissante, le coliving soulève bien des questions d’ordre juridique, notamment en ce qui concerne les loyers. La plus grande crainte est que l’augmentation du nombre de résidences de coliving puisse entrainer une inflation des loyers, déstabilisant davantage le marché immobilier de France déjà en manque de solutions.

Pour éviter d’en arriver à ce stade, Renaud Payre, vice-président de la Métropole de Lyon chargé du logement, plaide pour l’encadrement par la loi des pratiques tarifaires dans ces résidences de coliving. « C’est le moment de fixer des règles », déclare-t-il en maintenant sa position contre l’expansion de ce type de logement dans la ville de Lyon et ses environs. Une position ferme qui n’a clairement pas fait reculer les promoteurs et les sociétés surfant sur cette nouvelle tendance immobilière.

Ces questions juridiques sont également alimentées par l’ambiguïté entre les offres des résidences de coliving et celles des établissements hôteliers. Pour rappel, les logements de coliving se démarquent de la colocation traditionnelle en proposant des services haut de gamme inclus dans le loyer.

Cependant, cette stratégie est au cœur du débat comme l’explique Laurent Bildaut, avocat de droit de l’immobilier et urbanisme chez NovLaw Avocats : « C’est presque comme un mini-hôtel, et c’est tout le débat juridique. Les normes de sécurité incendie, etc. ne sont pas les mêmes pour un logement, que pour un établissement destiné à recevoir du public de type hôtel ». Affaire à suivre donc.

Laissez un avis post

Search